La véritable essence de la matière

Le vrai être absolu

Tous ces faits nous amènent à affronter une question très significative. Si ce que nous reconnaissons être le monde matériel est simplement fait des perceptions de notre âme, alors qu'elle est la source de ces perceptions?


Le cerveau est un tas de cellules composées de protéines et de molécules grasses. Il est formé de cellules nerveuses appelées neurones. Cette tranche de viande est incapable de percevoir les images, de constituer une conscience ou de créer l'être qu'on appelle "moi".

En répondant à cette question, nous devons prendre en considération le fait suivant: la matière n'a pas une existence auto-gouvernante. Puisque la matière est une perception, c'est quelque chose d'"artificiel". C'est-à-dire, cette perception doit avoir été causée par un autre pouvoir, ce qui signifie qu'elle a dû avoir été créée. De plus, cette création devrait être continue. S'il n'y avait pas de création conséquente et continue, alors ce que nous appelons matière disparaîtrait et serait perdu. Cela peut être comparé à une télévision sur laquelle une image est projetée aussi longtemps que le signal continue à être émis. Alors qui est-ce qui fait que notre âme regarde les étoiles, la Terre, les plantes, les gens, notre corps et tout ce que nous voyons d'autre? Il est très évident qu'il existe un Créateur suprême, Qui a créé l'Univers matériel en entier, c'est-à-dire, la somme des perceptions, et Qui continue Sa création continuellement. Puisque ce Créateur expose une telle création magnifique, Il a sûrement le pouvoir éternel et la puissance. Ce Créateur se présente à nous. Il a envoyé un livre sur terre et à travers ce livre s'est décrit Lui-même, et nous a décrit l'Univers et la raison de notre existence.

Ce créateur est Dieu et le nom de Son livre est le Coran.

Le fait que les cieux et la terre, c'est-à-dire l'Univers, n'est pas stable, que leur présence est seulement possible par la création de Dieu et qu'ils disparaîtront quand Il aura terminé cette création, sont tous expliqués dans ce verset:

Allah retient les cieux et la terre pour qu'ils ne s'affaissent pas. Et s'ils s'affaissaient, nul autre que Lui ne pourra les retenir. Il est Indulgent et Pardonneur. (Sourate Fatir, 41)

Comme nous l'avons mentionné au début, certaines personnes n'ont aucune compréhension authentique de Dieu et ainsi, elles L'imaginent comme un être présent quelque part dans les cieux et n'intervenant pas réellement dans les affaires de ce bas monde. La base de cette logique repose réellement dans la pensée que l'Univers est une assemblée de matière et que Dieu est en "dehors" de ce monde matériel, dans un endroit bien loin. Dans certaines fausses religions, croire en Dieu est limité à cette compréhension.

Cependant, comme nous l'avons considéré jusqu'à présent, la matière est composée seulement de sensations. Et le seul être réel absolu est Dieu. Ce qui signifie qu'il n'y a que Dieu seulement qui existe: toute autre chose excepté Lui n'est qu'un être de l'ombre. Conséquemment, il est impossible de concevoir Dieu comme un être séparé en dehors de cette masse entière de matière. Dieu est sûrement "partout" et inclut tout. Cette réalité est expliquée dans le Coran comme suit:

Allah! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même "al-Qayyum". Ni somnolence, ni sommeil ne Le saisissent. A Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n'embrassent que ce qu'Il veut. Son Trône "kursiy" déborde les cieux et la terre, dont la garde ne lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand. (Sourate al-Baqarah, 255)

Lorsque le souffle de la vie remonte à la gorge (d'un moribond), et qu'à ce moment-là vous regardez, et que Nous sommes plus proche de lui que vous (qui l'entourez) mais vous ne (le) voyez point.
(Sourate al-Waqia, 83-85)


Le fait que Dieu ne soit pas lié à l'espace et qu'Il inclut tout, est énoncé dans un autre verset comme suit:

A Allah seul appartiennent l'Est et l'Ouest. Où que vous vous tourniez, la face d'Allah est donc là, car Allah a la grâce immense; Il est Omniscient. (Sourate al-Baqarah, 255)

Puisque les êtres matériels sont chacun une perception, ils ne peuvent voir Dieu; mais Dieu voit la matière qu'Il a créée dans toutes ses formes. Dans le Coran, ce fait est énoncé ainsi:

Les regards ne peuvent L'atteindre, cependant qu'Il saisit tous les regards. (Sourate al-An'am, 103)

Cela veut dire que nous ne pouvons percevoir l'existence de Dieu avec nos yeux, mais Dieu a entièrement inclus notre intérieur, notre extérieur, nos regards et pensées. Nous ne pouvons ni murmurer un mot ni respirer sans qu'Il ne le sache.

Tandis que nous constatons ces perceptions sensorielles au cours de notre vie, l'être le plus proche de nous n'est pas une de ces sensations, mais Dieu Lui-même. Le secret du verset suivant dans le Coran est dissimulé dans cette réalité:

Nous avons effectivement créé l'homme et Nous savons ce que son âme lui suggère. Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire. (Sourate Qaf, 16)

Quand une personne pense que son corps est fabriqué de "matière", elle ne peut pas comprendre ce fait important. Si elle considère son cerveau comme "elle-même", alors le lieu qu'elle accepte comme étant l'extérieur sera entre 20 et 30 cm plus loin. Cependant, quand elle conçoit qu'il n'y ait rien de tel que la matière, et que tout est imagination, notions telles que l'extérieur, l'intérieur ou la proximité perdent toute signification. Dieu l'a incluse et Il est "infiniment proche" d'elle.

Dieu informe les hommes qu'Il est "infiniment proche" d'eux dans ce verset:

Et quand Mes serviteurs t'interrogent sur Moi. Alors Je suis tout proche. (Sourate al-Baqarah, 186)

Un autre verset relate le même fait:

Et lorsque Nous te disons que ton Seigneur cerne tous les gens. (Sourate al-Isra', 60)


Si on réfléchit longuement à tout ce que nous avons évoqué ici, nous nous rendrons compte d'une chose extraordinaire: le monde n'est que le fruit de l'imagination...

L'homme est dérouté en pensant que l'être qui est le plus proche de lui est lui-même. Dieu, en vérité, est encore plus proche de nous que nous-mêmes. Il a interpellé notre attention à ce point dans le verset:

Le souffle de la vie remonte à la gorge (d'un moribond), et qu'à ce moment là vous regardez, et que Nous sommes plus proche de lui que vous (qui l'entourez) mais vous ne (le) voyez point. (Sourate al-Waqi'a, 83-85)

Comme Dieu l'annonce dans le verset, les gens vivent inconscients de ce fait phénoménal parce qu'ils ne le voient pas de leurs propres yeux.

En revanche, il est impossible pour l'homme, qui n'est qu'une ombre, d'avoir un pouvoir et une volonté indépendamment de Dieu. Le verset "Alors que c'est Allah qui vous a créés, vous et ce que vous fabriquez!" (Sourate as-Saffat, 96) montre que tout ce que nous vivons a lieu sous le contrôle e Dieu. Dans le Coran, cette réalité est énoncée dans le verset "Et lorsque tu lançais (une poignée de terre), ce n'est pas toi qui lançais: mais c'est Allah qui lançait" (Sourate al-Anfal, 17); verset par lequel il est souligné qu'aucun acte n'est indépendant de Dieu. Puisque l'être humain est un être de l'ombre, il ne peut pas être celui qui exécute l'acte de jeter. Cependant, Dieu donne cet être de l'ombre la sensation du soi. Dans la réalité, c'est Dieu Qui exécute tous les actes. Ainsi, si une personne considère les actes qu'elle exécute comme les siens, elle cherche évidemment à se leurrer elle-même.

Ceci est la réalité. Il se peut qu'une personne ne veuille pas admettre cela et peut penser qu'elle est elle-même un être indépendant de Dieu; mais cela ne change rien; Bien sûr son reniement malavisé dépend de la volonté et des souhaits de Dieu.

Tout ce que vous possédez est intrinsèquement illusoire

Comme on peut le voir clairement, il est un fait logique et scientifique que le "monde extérieur" n'a aucune réalité matérialiste et qu'il est une collection d'images perpétuellement présentées à notre âme par Dieu. Néanmoins, les gens n'incluent pas habituellement, ou plutôt ne veulent pas inclure, le tout dans le concept du "monde extérieur".

Si vous pensez à ce problème sincèrement et bravement, vous arriverez à réaliser que votre maison, votre mobilier, votre voiture probablement achetée récemment, votre bureau, vos bijoux, votre compte de banque, votre garde-robe, votre époux (épouse), vos enfants, vos collègues, et tout autre bien que vous possédez sont en fait inclus dans cet imaginaire monde externe qui vous est projeté. Tout ce que vous voyez, entendez ou sentez - en bref - tout ce que vous percevez autour de vous avec vos cinq sens est une partie de ce "monde imaginaire"; la voix de votre chanteur favori, la dureté de la chaise sur laquelle vous vous asseyez, un parfum dont vous aimez la fragrance, le soleil qui vous réchauffe, une fleur avec de belles couleurs, un oiseau volant devant votre fenêtre, un hors-bord bougeant promptement sur l'eau, votre jardin fertile, l'ordinateur que vous employez à votre travail, ou votre chaîne Hi-Fi dotée de la technologie la plus avancée au monde...

C'est la réalité, parce que le monde est seulement une collection d'images créée pour tester l'homme. Les gens sont testés tout au long de leurs vies limitées par des perceptions dénuées de toute réalité. Ces perceptions sont intentionnellement présentées comme des choses attirantes et attrayantes. Ce fait est mentionné dans le Coran:

On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent: femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent, chevaux marqués, bétails et champs; tout cela est l'objet de jouissance pour la vie présente, alors que c'est près d'Allah qu'il y a bon retour. (Sourate al-Imran, 14)

La plupart des gens rejettent leur religion pour le leurre de la propriété, la richesse, l'accumulation d'or et d'argent, les dollars, les bijoux, les comptes en banque, les cartes de crédit, les garde-robes remplies de vêtements, les belles voitures, bref, toutes les formes de prospérité qu'ils possèdent ou essaient de posséder, et ils se concentrent seulement sur ce monde en oubliant la vie au-delà. Ils sont trompés par la face "foraine et attirante" de la vie dans ce monde, et ils manquent de préserver leur prière, de donner la charité aux pauvres, et d'exécuter l'adoration qui les fera prospérer dans l'Au-delà en disant "j'ai des choses à faire", "j'ai des idéaux", "j'ai des responsabilités", "je n'ai pas assez de temps", "j'ai des choses à finir", "je les ferai à l'avenir". Ils consomment leurs vies en essayant de prospérer uniquement dans ce monde. Dans le verset "Ils connaissent un aspect de la vie présente tandis qu'ils sont inattentifs à l'Au-delà" (Sourate ar-Rum, 7), cette méprise est décrite.

Le fait que nous décrivons dans ce chapitre, notamment le fait que tout est une image, est très important pour son implication au point qu'il rend toutes les luxures et limites dénuées de sens. La vérification de ce fait rend clair que tout ce que les gens possèdent et s'acharnent à posséder, leur richesse acquise par la cupidité, leurs enfants dont ils se vantent, leurs époux (épouses) qu'ils considèrent comme les êtres les plus proches d'eux, leurs amis, leurs chers corps, leur rang qu'ils considèrent comme une supériorité, les écoles qu'ils ont fréquentées, les vacances qu'ils ont eues, tout cela n'est qu'une simple illusion. C'est pourquoi, tous les efforts investis, le temps écoulé, et la cupidité ressentie se révèlent vains.

C'est pourquoi, certaines personnes se moquent bêtement d'elles-mêmes quand elles se vantent de leur richesse et propriétés ou de leurs "yachts, hélicoptères, usines, holdings, manoirs et terres" comme s'ils existaient réellement. Ces gens qui prétentieusement flânent en long et en large dans leurs yachts, paradent avec leurs voitures, parlent en permanence de leurs richesses, supposent que leur rang les classe plus haut que tous autres et pensent qu'ils gèrent tout avec succès à cause de tout cela, ces gens devraient réellement penser dans quel genre d'état ils se trouveraient une fois qu'ils réaliseront que leur succès n'est rien qu'une illusion.

En fait, ces scènes sont plusieurs fois vécues dans les rêves également. Dans leurs rêves, ces gens ont aussi des maisons, des voitures de course, des bijoux extrêmement précieux, des rouleaux de dollars et des tonnes d'or et d'argent. Dans leurs rêves, ils évoluent dans les hautes sphères, ils possèdent des usines avec des milliers d'ouvriers, le pouvoir de gouverner beaucoup de gens, ils portent des vêtements qui font que tout le monde les admire. Tout comme le fait de se vanter de ses possessions dans un rêve pousse une personne à se sentir ridiculisée, cette personne est certaine d'être au même titre ridiculisée pour affabuler des images qu'elle voit dans ce monde. Après tout, ce que cette personne voit dans ses rêves et ce à quoi elle est liée dans ce monde, sont de simples images dans son esprit.

De même, la façon dont les gens réagissent quant aux événements dont ils font l'expérience dans le monde, est à même de leur faire honte quand ils se rendent compte de la réalité. Ceux-là qui luttent farouchement les uns contre les autres, ceux-là qui délirent furieusement, qui escroquent, qui se laissent corrompre, qui commettent la contrefaçon, qui mentent, qui gardent parcimonieusement leur argent, qui font du tort aux gens, qui battent et maudissent les autres, les agresseurs enragés, ceux qui sont passionnés par la bureaucratie, qui envient les autres, qui essaient de se vanter, qui tentent de se sanctifier eux-mêmes et toutes les autres personnes seront humiliés quand ils réalisent qu'ils ont commis toutes ces actions dans un rêve.

Puisque c'est Dieu Qui crée toutes ces images, l'Ultime Possesseur de tout est Dieu seul. Ce fait est souligné dans le Coran:

C'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance).
(Sourate an-Nisa', 126)

C'est une grande bêtise de rejeter la religion au prix de passions imaginaires et de perdre ainsi la vie éternelle.

A ce niveau, Il faudrait bien assimiler un point: Il n'est pas dit ici que le fait auquel vous êtes confrontés prédit que "toutes les possessions, les richesses, les enfants, les époux (épouses), les amis, le rang que vous occupez et qui vous rend pingre, disparaîtront tôt ou tard, et donc ils n'ont aucun sens". Il est plutôt dit que "toutes les choses que vous semblez posséder en fait n'existent point, mais elles sont simplement un rêve composé d'images que Dieu vous montre afin de vous tester". Comme vous le voyez, il y a une grande différence entre les deux déclarations.

Bien qu'une personne refuse de reconnaître ce fait immédiatement et préfèrerait se leurrer en supposant que tout ce qu'elle possède existe véritablement, elle doit finalement mourir et dans l'Au-delà tout deviendra clair quand elle est ressuscitée. Ce jour là "la vue est perçante" (Sourate Qaf, 22) et elle est apte à tout voir beaucoup plus clairement. Cependant, si elle a passé sa vie entière à courir après des objectifs imaginaires, elle souhaitera n'avoir jamais vécu sa vie et dira: "Hélas, comme j'aurai souhaité que (ma première mort) fut la définitive. Ma fortune ne m'a servi à rien, mon autorité est anéantie et m'a quitté!" (Sourate al-Haqqah, 27-29)

Ce qu'un homme sage devrait faire, par contre, c'est d'essayer de comprendre la grandiose réalité de l'Univers ici dans ce monde, pendant qu'il en a encore le temps. Autrement, il devra passer toute sa vie à courir après des rêves et faire face à un châtiment douloureux en fin de compte. Dans le Coran, le sort final de ces gens qui courent après des illusions (ou mirages) dans ce monde et oublient leur Créateur, est énoncé comme suit:

Quant à ceux qui ont mécru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine désertique que l'assoiffé prend pour de l'eau. Puis quand il y arrive, il s'aperçoit que ce n'était rien; mais y trouve Allah Qui lui règle son compte en entier, car Allah est prompt à compter. (Sourate an-Nur, 39)

Les déficiences logiques des matérialistes

Depuis le début de ce chapitre, il est clairement énoncé que la matière n'est pas un être absolu comme le réclament les matérialistes mais plutôt un ensemble de sens créés par Dieu. Les matérialistes résistent d'une façon extrêmement dogmatique à cette réalité évidente qui détruit leur philosophie et produit des antithèses sans fondement.

Par exemple, l'un des plus grands avocats de la philosophie matérialiste dans le 20ème siècle, un marxiste ardent, George Politzer, donnait l'"exemple de l'autobus" comme la "plus grande preuve" de l'existence de la matière. Selon Politzer, les philosophes qui pensent que la matière est une perception s'enfuient également lorsqu'ils voient un autobus et c'est la preuve de l'existence physique de la matière.206

Lorsque l'on a annoncé à un autre célèbre matérialiste, Johnson, que la matière est une collection de perceptions, il essaya de "prouver" l'existence physique de pierres en leur donnant des coups de pied.207

Un exemple similaire est donné par Friedrich Engels, le mentor de Politzer et le fondateur du matérialisme dialectique avec Marx, qui a écrit: "Si les gâteaux que nous mangeons étaient des simples perceptions, ils ne couperaient pas notre faim."208

On trouve des exemples similaires et des expressions impétueuses tels que "vous comprenez l'existence de la matière quand vous recevez une gifle en plein visage" dans les livres de célèbres matérialistes tels que Marx, Engels, Lénine, et d'autres.

Le désordre dans la compréhension qui donne libre cours à ces exemples de matérialistes réside dans leur interprétation de l'explication de l'expression "la matière est une perception" qu'ils traduisent comme "la matière est un jeu de lumière". Ils pensent que le concept de la perception est seulement limité à la vue et que des perceptions comme le toucher ont des corrélats physiques. Un autobus qui écrase un homme leur fait dire: "Regarde, il l'a écrasé, donc, ce n'est pas une perception". Ce qu'ils ne comprennent pas c'est que toutes perceptions éprouvées pendant l'accident de l'autobus telles que la dureté de l'impact, la collision, et la douleur sont formées dans le cerveau.

L'exemple des rêves

Les rêves sont le meilleur exemple pour expliquer cette réalité. Une personne peut vivre des événements très réalistes dans son rêve. Elle peut tomber dans l'escalier et se casser la jambe, avoir un grave accident de voiture, se faire écraser par un autobus ou manger un gâteau et être rassasiée. Des événements similaires à ceux vécus dans nos vies quotidiennes se produisent aussi dans des rêves avec le même pouvoir de persuasion et éveillent les mêmes sentiments en nous.

Une personne qui rêve qu'elle est écrasée par un autobus, peut se réveiller dans un hôpital, toujours dans son rêve, et comprendre qu'elle est handicapée, mais tout ceci ne serait qu'un rêve. Cette personne peut aussi rêver qu'elle décède dans un accident de voiture, que les anges de mort récupèrent son âme, et que sa vie dans l'Au-delà commence. (Cet événement est vécu, de la même façon, dans cette vie, qui est une perception juste comme le rêve.)

Cette personne perçoit très nettement les images, les sons, la sensation de dureté, la lumière, les couleurs, et toutes les autres sensations relatives à l'événement qu'elle vit dans son rêve. Les perceptions qu'elle perçoit dans son rêve sont aussi naturelles que celles de la vie "réelle". Le gâteau qu'elle mange dans son rêve la rassasie bien qu'il ne soit qu'une simple perception, parce que la satiété est aussi une perception. Cependant, dans la réalité, cette personne se trouve étendue sur son lit à ce moment. Il n'y a ni escalier, ni circulation, ni d'autobus à considérer. La personne qui fait un rêve voit des perceptions et éprouve des sensations qui n'existent pas dans le monde extérieur. Le fait que, dans nos rêves, nous puissions vivre, voir et sentir des événements sans aucun corrélat physique dans le "monde extérieur" révèle très clairement que le "monde extérieur" consiste absolument en de simples perceptions.

LE MONDE DANS LES REVES

Pour vous, la réalité est une chose concrète qu'on peut toucher avec les mains et percevoir avec les yeux. Dans le rêve, vous pouvez également "toucher avec les mains et voir avec les yeux". Mais, en réalité vous n'avez ni mains ni yeux encore moins d'objets à toucher ou à voir. Il n'existe pas de réalité matérielle qui fait que ces choses arrivent; celles-ci ne sont que le fait du cerveau. Tout n'est qu'illusion.

Qu'est ce qui sépare le monde réel du rêve? Après tout les deux formes de vie n'existent que dans le cerveau. Si nous pouvons vivre facilement dans le rêve, nous pouvons en faire de même dans le monde réel. Lorsque nous nous réveillons, rien ne nous prouve que nous ne soyons pas entrés dans un rêve plus long qu'on appelle "la vie réelle". Or, à cause de nos habitudes et de nos préjugés, nous sommes amenés à croire que nos rêves ne sont qu'imagination. Aussi, pouvons-nous être réveillés un jour de cette vie sur terre exactement comme on se réveille après un rêve.


Ceux qui croient en la philosophie matérialiste, et particulièrement les marxistes, sont enragés quand ils entendent parler de cette réalité, l'essence de la matière. Ils citent des exemples du raisonnement superficiel de Marx, Engels ou Lénine et font des déclarations émotionnelles.

Cependant, ces personnes doivent penser qu'elles peuvent faire ces déclarations dans leurs rêves. Dans leur rêve, elles peuvent aussi lire Das Kapital, participer à des meetings, se battre avec la police, obtenir des coups sur la tête, et en plus, sentir la douleur de leurs blessures. Quand on leur pose des questions dans leurs rêves, elles penseront que ce qu'elles vivent dans leur rêve consiste aussi en "matière absolue" tout comme elles supposent que les choses qu'elles voient quand elles sont réveillées sont "matière absolue". Cependant, que ce soit dans leur rêve ou dans leurs vies quotidiennes, tout ce qu'elles voient, vivent, ou sentent consiste seulement en des perceptions.

206 George Politzer, Principes Fondamentaux de Philosophie, Editions Sociales, Paris 1954, p. 53.
207 Orhan Hançerlioglu, Düþünce Tarihi, Istanbul: Remzi Kitabevi, 6ème éd., septembre 1995, p. 261.
208 George Politzer, Principes Fondamentaux de Philosophie, Editions Sociales, Paris 1954, p. 65.